MESSAGE ADRESSE LE 4 JUIN 2002 PAR LE PRESIDENT
DU CERPH
AU MINISTRE DE LA RECHERCHE ET AUX DIRECTEURS DU C.N.R.S.
DE L'I.N.S.E.R.M., DE L'iNSTITUT UNIVERSITAIRE D'HEMATOLOGIE
ET DE LA LIGUE DU CANCER QU'A L'ASSOCIATION FRANCE-TIBET
Monsieur le Ministre, Madame la Directrice, Messieurs les
Directeurs,
Nous venons d'apprendre que la France va collaborer
activement avec la Chine sur le génome humain et la
biologie au travers d'un centre franco-chinois des sciences
de la vie, développé par l'Académie des
Sciences chinoise et trois organismes de recherche français
: l'Institut Universitaire d'Hématologie, l'Institut
Pasteur, l'INSERM et le CNRS, et une association : la Ligue
Nationale française contre le Cancer.
Faut-il rappeler ici que la Chine détient
le triste record mondial d'exécutions de condamnés
à mort, et, que, fait unique au monde, les organes
des suppliciés font l'objet d'un trafic en vue de transplantations.
Par ailleurs, la Chine met en place depuis
94 une législation baptisée "eugénisme
et protection de la santé" afin, selon l'agence
Chine nouvelle, "d'éviter les naissances de qualité
inférieure et d'élever le niveau de l'ensemble
de la population"(Libération du 4 janvier 1994,
Le Figaro du 9 janvier et Nature n° 6458 du 6 janvier).
Selon la loi chinoise, le médecin doit s'assurer que
les couples porteurs de maladies génétiques
graves, mentales ou infectieuses, acceptent de recourir à
une contraception de longue durée ou d'être stérilisés.
Ces lois touchent surtout les paysans et les "minorités
ethniques" car les généticiens chinois
prétendent que le taux de handicapés physiques
et mentaux est plus élevé chez les paysans que
chez les citadins. Il serait aussi plus fort, selon eux, chez
les "minorités ethniques" que dans la majorité
Han. L'arriération économique de ces groupes
humains, assurent-ils, est aggravée par la consanguinité
: il s'agit là d'un habillage pseudo-scientifique des
préjugés des Hans contre l'endogamie des minorités.
Il existe du reste au Tibet sous domination chinoise de nombreux
cas de stérilisations et d'avortements forcés
pratiqués sur des femmes tibétaines parfois
jusqu'au 8e mois de grossesse.
De telles pratiques constituent un crime contre
l'humanité et ne peuvent demeurer impunies. Est-il
en effet cohérent de sousscrire à la comparution
des auteurs serbes de la purification ethique devant le TPI
de la Haye tout en envisageant une collaboation de nos chercheurs
avec les "scientifiques" chinois.
C'est pourqoi, avec l'Association France-Tibet,
nous souhaitons l'Etat français se retire de cette
collaboration, tant que la Chine poursuivra ses exactions,
car un risque important existe que ces recherches servent
indirectement des objectifs contraires aux Droits de l'Homme
et au Droit International.
Dr Pierre Goube de Laforest
Directeur de Recherches Honoraire au CNRS
Président du CERPH
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