Les
documents du C.E.R.P.H.
L'embryon humain est-il
un être humain ?
Dernière
mise à jour : 11/10/2002
Notre
problématique
- Sans
entrer ici dans le débat - essentiellement philosophique
- sur la notion de "personne",
la question posée ici est donc de savoir si la
biologie est en mesure de nous fournir les prémisses
d'un tel débat, en l'espèce, la possibilité de
l'aborder avec la certitude que l'être vivant
sur lequel il portera est bien, au regard de la
taxinomie, un être humain ?
- En
d'autres termes, pouvons-nous considérer que cet
être vivant possède au moins un caractère commun
à l'ensemble des êtres humains et ceci contrairement
à tout autre membre de la biosphère ?
Pouvons
nous tenter de "définir" l'être humain ?
Il
nous semble aujourd'hui possible de proposer une "définition"
de l'être humain satisfaisant à cette interrogation.
Elle sera fondée sur une propriété commune à un ensemble
d'êtres vivants, qu'ils soient uni ou pluricellulaires,
à savoir, leur capacité de se développer en donnant
naissance à un stade ultérieur de l'ontogenèse humaine,
d'une part, et leur inaptitude à toute autre destinée,
d'autre part.
Cette
"propriété" est commune à l'embryon,
au fœtus, au nouveau-né, à l'enfant,
à l'adolescent, au sujet adulte jusqu'à
la vieillesse, étape ultime de cette ontogenèse.
Elle échappe à toute possibilité de discrimination qui
prétendrait s'appuyer sur "la race, le sexe,
la langue ou la religion" pour reprendre les
termes de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
Les
scientifiques et l'humanité biologique
Paradoxalement,
l'humanité biologique de l'embryon apparaît de
moins en moins contestée, en particulier par la communauté
scientifique et ceci en référence à des faits scientifiques
dont certains, il faut le souligner, étaient inconnus
ou tout au plus suspectés au début des années 70. C'est
le cas pour les acquis de ces dernières années en matière
de fécondation in vitro et de procréation
médicalement assistée qui, pour le moins, démontrent
que l'œuf fécondé est bien un être humain.
Il l'est déjà et ceci, d'autant plus qu'à l'évidence,
il n'a aucune chance de se développer en "autre
chose" - plante ou animal - qu'un être humain.
Qui
plus est, l'œuf fécondé est la seule cellule capable
d'engendrer un être humain.
En
effet, lorsqu'une cellule de l'organisme se divise,
l'ensemble des "gènes" qui nous caractérisent
est transmis à ses descendantes : est-ce à dire que
toute cellule humaine est un être humain ?
La
réponse est NON (sauf pour ce qui concerne, précisément,
les quelques cellules issues des toutes premières divisions
de l'œuf fécondé ou zygote). C'est ainsi
que nous pourrions cultiver des kilos de cellules sanguines,
hépatiques, cutanées… : jamais nous n'obtiendrons dans
le flacon de culture le développement d'un individu.
La
preuve en est la demande croissante
chez les chercheurs de pouvoir récupérer pour leurs
travaux les embryons "non désirés"
voire "créés" à dessein par une fécondation
in vitro. La satisfaction de cette revendication nous
est même couramment présentée comme une condition
sine qua non du progrès en médecine du développement
comme de la procréation, argument redoutable et qui
implique l'existence d'êtres humains inférieurs en
contradiction formelle avec le fameux article 1er
de la Déclaration Universelle.
De
l'évidence biologique à la réflexion du philosophe
C'est,
me semble-t-il à ce stade du débat, qu'intervient le
philosophe.
En
effet, le constat strictement biologique nous
ramène à la question centrale de l'égalité en dignité
de TOUS les êtres humains. A moins d'admettre comme
certaines idéologies tentèrent ou tentent encore de
nous l'imposer, la notion d'êtres humains supérieurs
et inférieurs avec, depuis la Terreur, la Shoahh et
le Goulag, toute l'atroce connotation historique de
pareille prétention !
P.GOUBE
de LAFOREST
Directeur de Recherches Honoraire au C.N.R.S.
Président du C.E.R.P.H.
Page
d'accueil
- Autres documents
du C.E.R.P.H. |